Michel Boisteau

 

Il est né au May le 17 mai 1853, s'est marié avec Marie Louise Chupin, le 22 octobre 1895. Ils n'auront pas d'enfants. Ils habitaient au 13 Rue Pasteur. Il a fondé l'industrie de la chaussure au May en 1888, alors qu'il était sacristain du curé Doizy. Il y est mort le 29 janvier 1926 ayant vendu sa maison en viager à un membre de la famille Landreau-Delaunay.

Où est-il né précisément ? Où est-il enterré ? Nous n'avons aucune certitude. En tracer un portrait physique ? C'est impossible car il n'existe aucune photo du personnage. « J'ai le souvenir d'un homme souffreteux avec une grande barbe » se rappelait Jean-Baptiste Landreau qui était son voisin. C'est à l'évidence un homme qui sait lire, écrire et compter, sans doute en fréquentant l'école du vieux maître Cherbonnier. C'était encore relativement rare à l'époque. Doit-on en conclure que sa famille disposait d'une certaine aisance à une époque où l'école était payante ?

C'est un curieux qui veut recueillir et écrire les souvenirs des anciens. Mais il semble ne pas avoir été très sensible aux grands moments de notre histoire nationale. Il est du May, il ne parle que du May.

C'est parfois un journaliste : lors de l'expulsion des moines de Bellefontaine, on croit revoir le récit en direct avec sa situation, les personnages et les dialogues.

En 1888 lors de la fondation du premier atelier chaussant, il est sous l'influence du Curé du May, Auguste Doizy, dont il est le sacristain. Il a connu la décadence des tisserands et des titiers. Il a été tisserand, c'était son métier. Pénétré de la doctrine sociale chrétienne, il est inquiet de la situation ouvrière du May, chômage, faim, misère.

Il est parfois naïf sur des anecdotes qui n'ont rien d'historiques.

C'est un chrétien qui vibre aux souvenirs de la guerre de Vendée. Il a été indigné par la séparation de l'Eglise et de l'Etat aux inventaires.

Il était idéaliste, un peu perdu dans la responsabilité de chef d'entreprise, puisqu'il est mort dans une extrême pauvreté, après avoir donné naissance à des entreprises au May, à la Tessoualle, à Carnac avec des résultats piteux. Mais Le May a gardé de lui l'image d'un être emblématique. D'autres ont réussi dans l'élan qu'il avait donné. Et puis il avait laissé ses fameux Cahiers…

 

 

 

 

Difficultés de l'édition des Cahiers de Michel Boiteau

 

Au départ il existait quatre Cahiers. Le premier a été perdu. « Malheureusement un premier Cahier que j'avais soigneusement annoté et que j'avais prêté par complaisance ne m'a jamais été rendu, ne me permettant pas de transcrire ces notes qui auraient mis de la clarté en donnant des noms et en rappelant des lieux et des circonstances qui auraient édifié quelques lecteurs » écrit Michel Boiteau dans un de ces Cahiers.

Actuellement il ne reste que des copies des trois autres Cahiers. Mais les copistes ont fait eux-mêmes quelques erreurs dans les dates et les noms

Des phrases sont lourdes, voire obscures. Elles sont parsemées de majuscules qui ne conviennent plus dans notre typographie moderne. Fallait-il respecter le style de Michel Boiteau, au risque de trahir l'esprit de l'auteur, ou rendre plus actuel le texte pour qu'il soit plus accessible aux jeunes générations ?

Les trois Cahiers se répètent, se complètent. Les occupants des maisons citées ne sont plus les mêmes. Nous avons choisi de modifier tous les noms

Parmi les trois Cahiers, lequel fallait-il choisir ? Nous avons opté pour les Cahiers n°2 et n°4 qui semblent les plus complets mais dont l'écriture s'est sans doute échelonnée de 1886 à 1926, date de la mort de l'auteur

Objectifs recherchés :

L'association « MAY…moire » a cherché à faire la version la plus complète des Cahiers. En juxtaposant tous les paragraphes et en choisissant le texte le plus clair, le plus riche en anecdotes de toute sorte. Tout ce que Michel Boiteau a écrit dans les différentes versions consultées est inclus dans la version finale consolidée.

Son but est de faire connaître à un large public ces Cahiers en les éditant et en les illustrant. Ce faisant, l'association souhaite mieux faire appréhender une partie de l'histoire locale. Quelques faits s'avèrent imprécis ou incorrects au regard des recherches historiques. Nous avons choisi de compléter Michel Boiteau par des notes de bas de page qui apporteront quelques lumières aux lecteurs de notre époque.

« Si un jour ces Cahiers devaient être lus, je prie ceux qui auraient assez de patience pour cela d'être indulgents pour moi, pour ce qui est du français et des règles du bien écrire surtout, car je ne possède pas ce qu'il faut même de manière passable. Comptant sur cette indulgence et encouragé par quelques personnes qui s'intéressent à notre beau pays d'Anjou, je vais faire de mon mieux » avoue Michel Boiteau. C'est vrai ! Les règles de la syntaxe sont parfois mises à mal. Pour rendre ces Cahiers lisibles nous avons parfois rectifié quelques tournures de phrases plus ou moins à l'aise. Notre pensée était constamment tournée vers les jeunes générations pour rendre la lecture la plus pédagogique possible.

Enfin cette édition des Cahiers de Michel Boiteau sera une première réalisation concrète de l'association « MAY…moire » qui n'est pas un cercle de nostalgiques du passé. Il agit et a déjà d'autres projets qui seront développés en collaboration avec d'autres passionnés et d'autres associations Maytaises.

Après avoir lu et relu ces Cahiers, On a envie de s'adresser à lui tout simplement : Michel, tu voulais « empêcher que les hommes, les faits et les choses se rapportant au coin de terre qui t'a vu naître et grandir ne fussent oubliés ».

Nous ne faisons que respecter ta volonté en perpétuant ta mémoire si précieuse pour notre histoire locale…